Joumou

JOUMOU jou-mou .n. var: joumou, jòmou, jouwoumou . Senbòl liberasyon (symbole de libération). Transformation du français: «giraumon» (famille des cucurbitacées, cucurbita moschata ). Dans la médecine populaire haïtienne, ses graines sont utilisées contre le ver solitaire. Le mot ‘ joumou ' a servi à la formation de « jòmonad » (purée de giraumon). Il s'emploie aussi dans ce savoureux pawòl granmoun (proverbe): Ou pa konnen kote dlo a sòti l antre nan bwa ‘joumou' : On ne sait d'où est venu ce liquide qui s'est infiltré dans la tige du giraumon. ‘Joumou' pa janm donnen kalbas : Le giraumon n'a jamais produit de calebasse. Cette dernière pensée est l'équivalent de: Tel père, tel fils; Pitit tig se tig (les petits du tigre sont des tigres); ti rat pa janm fèt san ke (les ratons ne naissent sans queue). On relève en outre une expression très courante, soup ‘jomou' : soupe au giraumon. A ce sujet, légende rapporte qu'à l'époque de la colonisation française de Saint-Domingue, seuls les colons et les affranchis ayant une certaine situation de fortune, pouvaient s'offrir un potage au giraumon. La soupe au giraumon était alors considérée, dit-on, comme un plat de classes aisées. Le 1er janvier 1804, à l'occasion de la proclamation de l'Indépendance Nationale, Dessalines et ses généraux, pour marquer l'abolition de l'esclavage, aurait recommandé à leurs compatriotes de consommer, ce jour-là, de la soupe au giraumon. Question également, de fêter l'Indépendance! Nous n'affirmons rien, faute de preuves. En tout cas, si tant est que ce soit vrai, ce serait à l'origine d'une coutume fortement enracinée dans les familles haitiennes, et qui veut que chaque année, à la même dâte, on s'offre une bonne soup ‘joumou' . Combien d'entre les Haïtiens, en consommant leur soup joudlan (jour de l'an) ignorent que, selon une tradition orale, ce potage symbolise la libération du peuple haïtien et le refus des discriminations sociales! var: Jomou.

texte : Potomitan