L’autre Saint-Michel : Quand les jeunes prennent la parole sous le thème Ma culture - Mon identité

Une nouvelle fois, nous allons vous parler d’histoire de réussite provenant du quartier Saint-Michel. Des histoires trop souvent passées sous silence, mais qui pourtant méritent d’être lues et partagées. 
À l’occasion du mois de l’histoire des noirs, 20 jeunes filles ont été mises à l’honneur à la Maison d’Haïti lors d’un événement organisé le 24 février par son programme jeunesse Juste pour Elles: Ma Culture, mon identité: Racontes-moi mon histoire. 
 
Lors d’une soirée riche et remplie d’émotions, les jeunes ont partagé la scène pour devenir à leur tour des conférencières que le public était venu écouter. C’est donc devant une salle comble, de 145 personnes, qu’elles ont bravé leur peur et déjouer leur timidité pour exprimer leurs idées, avec conviction et fierté, dans le cadre de la tenue de deux panels ayant pour thèmes: 
• Dans la peau d’une directrice: création de programmes pour les jeunes et les femmes; par des filles de 10-12 ans.
• Etre une fille issue de la diversité, par des jeunes de 12 à 15 ans.

                

Lors d’un travail préalable de plusieurs semaines, avec l’appuie de Désirée Rochat éducatrice communautaire, les filles ont travaillé autour des archives de la Maison d’Haïti (l’organisme compte 45 ans d’existence). Ce voyage à travers les archives textes et photos, ont permis aux filles de comprendre les différents programmes et activités qui étaient offerts aux nouveaux arrivants et aux familles de Saint-Michel depuis 45 ans. Le tri des archives a été le point de départ pour aborder avec elles les notions d’identité, pour parler de leur histoire, et d’explorer le patrimoine culturel. Cet exercice a eu un impact positif chez les participantes qui sont à la fois à un âge où elles sont en quête d’identité, mais aussi confrontées à leur réalité d’appartenance multiple et d’identité complexe avec laquelle elles ne savent pas toujours négocier.

Le projet, a bénéficié du soutien financier de l’Entente sur le développement culturel de Montréal intervenue entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications. Il a permis de soutenir le processus identitaire des jeunes en palliant au manque de transmission culturelle pourtant nécessaire dans la construction des jeunes leur permettant ainsi de s’accepter, connaitre ses origines, et braver les stéréotypes. Suite aux discussions, activités, et aux apprentissages réalisés et partagés, nous avons aujourd’hui des filles plus fortes, affirmées, fières de qui elles sont, qui se sont découvert des talents et qui sont désireuses d’en connaitre plus sur leur histoire.

                   

 Pour regarder la vidéo du processus du projet et écouter les commentaires des participantes, voir le lien ci-dessous!
https://www.youtube.com/watch?v=RX4VNOMxkeg

Nous avons ensuite permis à ces mêmes jeunes de réfléchir sur des enjeux importants pour elles et nous leur avons donner l’opportunité de s’exprimer devant un public composé de parents, d’amis, de jeunes du quartier, d’organismes et de personnes de la communauté.

Le premier panel, animé par une des participantes, mettait en scène les filles de 10-12 ans, accompagnées de Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d’Haiti qui est revenue sur son parcours migratoire et le support que la Maison d’Haiti lui a offert dans son processus de construction identitaire et qui comme elle le mentionne « la Maison d’Haïti m’a sauvé la vie et donné mon identité », ainsi qu’Alexandra Landé, chorégraphe de danse Hip Hop, qui elle est revenue sur son parcours personnel et professionnel.

                

Quand aux jeunes, elles se sont à leur tour mises dans la peau d’une directrice de programme, afin de réfléchir en équipe et imaginer des programmes pour jeunes et pour femmes, basés sur les besoins qu’elles ont identifié et jugé primordiaux. Nous leur avons donc offert l’opportunité de viser plus haut, d’endosser le rôle d’une directrice, de réfléchir à leurs propres besoins et surtout de les laisser s’exprimer tout en les écoutant.

Voici 4 programmes très intéressants que les jeunes ont proposé :
• Juste pour jeunes femmes: un programme pour outiller les femmes face à la violence
• Pour mieux vivre: un programme pour responsabiliser les jeunes à la protection de l’environnement
• L’école du samedi: un programme d’éducation culturelle et d’activités pour permettre aux jeunes de déconnecter des réseaux sociaux.
• Santé et bien être: un programme pour permettre aux jeunes de rester en bonne santé.

Pour regarder la vidéo du panel 1, cliquez sur le lien ci-dessous.
https://www.youtube.com/watch?v=WeVtSQRihXw

Le deuxième panel, composé de 5 jeunes très articulées et engagées, âgées de 12 à 15 ans a été reçu avec beaucoup de clameurs et d’émotions. Nos jeunes panélistes désiraient s’exprimer sur leur réalité, les enjeux auxquels elles sont confrontées en tant que filles immigrantes vivant avec une double culture. Plusieurs points ont été abordés.
Becky a mentionné les éléments culturels importants de son pays Haiti de manière très douce et poétique, notamment en comparant la poussière de son pays comme étant la neige du Canada. Neila a souligné l’importance de la transmission de la culture et du soutien des parents. Elle a invité l’auditoire à être fière de la culture que leurs parents leur transmettent. Youveline a abordé l’importance de combattre les stéréotypes et préjugés, tout en remontant à l’origine des stéréotypes sur les noirs qui selon elle sont en lien avec l’esclavage. Elle a aussi mentionné la difficulté d’être une femme noire, souvent très mal représentée dans les médias et le manque de modèles positifs noirs dans ces médias. Nedjine a consacré sa présentation sur la fierté d’être une femme noire et haïtienne: être une femme noire c’est d’être forte. Quand à Dalia, elle nous a parlé de son identité de québécoise d’origine Italienne et de l’importance des amitiés et de leur diversité dans lesquelles elle perçoit une richesse et puise sa force.


Ainsi, nos jeunes panelistes, se sont exprimées avec une éloquence digne de grands penseurs et ont pu à leur tour faire entendre leurs idées tout en envoyant des messages positifs, de revendication, d’union et d’inclusion. Pour conclure, elles se sont toutes rejointes en affirmant que : Personne de doit se laisser rabaisser à cause de sa race. La race ne détermine pas la personne.

Pour regarder la vidéo du panel 2, cliquez sur le lien ci-dessous.
https://www.youtube.com/watch?v=xYc5oL61TLE

Ce type d’initiative est bénéfique car il permet de donner du pouvoir aux jeunes, qui ont la chance de s’exprimer, d’apprendre à travailler en équipe, de collaborer, d’échanger leurs idées et leurs visions du futur. Les jeunes ont aussi une voix, une voix qui porte haut, une voix qui donne à réfléchir et qui devrait être entendue. C’est une jeunesse plus forte et résiliente que nous bâtissons à la Maison d’Haiti.

Pour regarder la vidéo du Poème d’une des participantes, cliquez sur le lien ci-dessous.
https://www.youtube.com/watch?v=MPqEqxRX_Zw

pour relire l’article précédent: l’autre saint-michel, ces histoires qu’on ne vous contera pas.
http://www.mhaiti.org/billet/lautre-saint-michel-ces-histoires-de-reussite-quon-ne-vous-contera-pas

Émilie Martinak
Coordonnatrice, Programme Juste pour Elles
projetfilles@mhaiti.org