Noirs dans les camps nazis

Noirs dans les camps nazis

de Serge Bilé
Le Serpent à Plumes
Une histoire trop longtemps occultée.

Ce petit livre a un grand mérite : celui de traiter des rapports sanglants entre le régime nazi d’Hitler et la race noire puisque c’est ainsi que les Africains, Antillais, Afro-américains étaient catalogués à l’époque par ce régime raciste.

Le noir était considéré comme appartenant à une race inférieure et devait donc s’effacer devant la supériorité de la race aryenne.

Tout commence en fait en Namibie, à l’aube du XXe siècle, où pour faire place aux colons allemands, le gouverneur allemand Heinrich Göring (père du futur dignitaire nazi), entreprit le massacre systématique des ethnies Herrero et Nama.

Ce fut à cette occasion que furent « mis au point » les camps de la mort. Je vous renvoie à l’article d’Africavivre traitant plus précisément du sujet : www.africavivre.com/Documentaire/namibie-le-genocide-du-iie-reich-anne-poiret.html

La loi de 1935 contre les « non-aryens » concerna aussi les populations noires vivant en Allemagne qui furent d’ailleurs parmi les premières envoyées en camp de concentration.

Serge Bilé, journaliste franco-ivoirien, se pencha sur le sujet et revint pourvu d’une moisson abondante de témoignages, de portraits et de situations dramatiques.

Ces destins extraordinaires touchent au fond de l’âme humaine : de toutes professions, de toutes origines (africaines et américaines), soldats, résistants ou même simples civils, tous témoignent de situations tragiques et héroïques.

Le film des témoignages de survivants recueillis en Allemagne, Belgique, Espagne, France et Sénégal par Sergé Bilé  - que vous trouvez ci-dessous en lien - complète parfaitement son livre et est très éclairant sur les conditions de survie de ceux qui ont eu la chance de s’en sortir.

On peut rester cependant sur sa fin : on aimerait en savoir davantage. Combien de personnes, à quel moment… ? Un témoin évalue à 20 % le nombre de noirs survivants. Le problème n’est pas simple car les statistiques des camps étaient tenues par nationalité et non par race.

Serge Bilé, lui, est journaliste. Il joue son rôle en ouvrant un champ d’investigations que les historiens ne peuvent plus ne pas traiter car il est manifeste maintenant que cet aspect trop longtemps occulté de la solution finale nazi est devenu véritablement incontournable.