Une autre vision sur Jean-Jacques Dessalines

Image par TRAM, DESIGN FOR HAITI AWARNESS

Par Jacques Casimir, Historien

Jean-Jacques Dessalines (né le 20 septembre 1758 à Grande-Rivière-du-Nord – assassiné le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge) est le dirigeant de la Révolution haïtienne et le premier Empereur d’Haïti (1804–1806) sous le nom de Jacques Ier.

Les Vaincus n’écriront jamais l’histoire des vainqueurs. S’ils le font, c’est d’une manière hideuse, tronquée et falsifiée, pour nous montrer qu’ils ont toujours le dernier mot. Ils ont mis en avant Toussaint Louverture captif au fort de Joux où la France a décidé de son sort.

Ils l’ont surnommé le Spartacus noir, avec raison, puisque Rome a eu la tête de Spartacus, comme Napoléon et la France ont eu celle Toussaint Louverture. Ce que la France n’avait pas compris, c’est que les racines étaient profondes et nombreuses. Pour une fois regardons l’histoire avec nos propres yeux et non pas avec ceux du colon. Exemple: Le bon vieux roi Dagobert a mis sa culotte à l’enverson ne portait pas de culottes au VII° siècle, ces dernières étant apparues vers le XVI° siècle, soit près de 1000 ans après le règne de Dagobert ». Si les français ne disent pas la vérité sur leur propre histoire. Qu’en ont-ils fait et que feront-ils de la nôtre?

Qu’en est-il de Jean-Jacques Dessalines ou Jean-Jacques Des Salines? Celui, sur qui la France a toujours essayé de porter ombrage, parce qu’il les a vaincus militairement. Il a forcé le général Rochambeau des Armées de Napoléon à la reddition. Qui était vraiment cet homme? Jean-Jacques Dessalines a marqué l’histoire de l’humanité, il est le premier à faire tomber le mythe de l’invincibilité de l’homme blanc. Il fut le vainqueur qui n’a pas fait de compromis et qui ne devait rien à personne. Il vécut une jeunesse particulièrement difficile. Ce fut un esclave rebelle, illettré souvent marron. Son corps, dit-on, était couvert des cicatrices laissées par les verges cloutés. Il se révolta constamment contre l’inégalité qui régnait à Saint-Domingue et se révéla d’une brutalité impitoyable. Bien que dépourvu de formation intellectuelle, c’était un homme sauvage : C’est le point de vue colonial Français.

Ordonnance concernant les salines de la colonie de St-Domingue. Du 26 mai 1788 (Port-au-Prince : Imprimerie De Mozard, 1788). Par Vincent, Alexandre De Maréchal et François Barbé De Marbois, conseiller du Roi. Ce prospectus unique, indique le départ de l’esclave Jean-Jacques Des Salines, charpentier et lettré pour les plantations à l’intérieur des terres, un agitateur rebelle qu’il faut surveiller. Donc nous savons qu’il travaillait dans les salines d’où la provenance du nom Dessalines. Et les marques sur son corps était le résultat du sel au contact avec sa peau. L’esclave n’a pas de père, il prend le nom du maître de la plantation, il a travaillé dans les salines. Donc, Des salines est devenu Dessalines.

Le manuscrit suivant indique le recensement des esclaves artisans d’où figure le nom du charpentier Jean-Jacques Des salines qui pouvait calculer la traverse et la charpente des toits. A croire ce qui est écrit, le mythe qu’il était illettré vient de tomber. (REF: Extrait des registres du Conseil Supérieur de Saint-Domingue, Du 30 janvier 1789, Port-au-Prince: Chez Bourdon, Imp. Du Roy, 1789. p.15 Note: Concerne l’obligation de l’inventaire et vérification de chaque année des relevées des registres. Donné au Port-au-Prince. Signé par De Marbois et Fougeron.)

Pompée Valentin Baron Vastey, surnommé le Baron de Vastey, cousin d’Alexandre Dumas, est le premier historien haïtien à écrire un livre sur l’histoire d’Haiti après l’indépendance en 1819 – Auteur, le baron de Vastey, titre Essai sur les causes de la révolution et des guerres civiles d’Hayti 1819 – Cette publication et certaines notes compilées de l’auteur confirment que l’empereur savait lire et écrire. Ce manuel d’histoire est considéré comme une oeuvre majeure dans l’histoire d’Haiti.Tous ces archives Rares sont consignés en plusieurs volumes dont certains sont cachés volontairement ou disparus, pour que les falsificateurs vaincus puissent continuer à diffuser que nos ancêtres qui ont mis dehors les armées de Napoléon étaient des illétrés et des sauvages. (REF: LOIS ET CONSTITUTIONS DE SAINT-DOMINGUE/VOLUME 7 par Moreau de St Méry EXTRAIT DES REGISTRES DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE SAINT-DOMINGUE. REF: Thomas Madiou, TitreHistoire d’Haiti, tome VI, 1847.)

Une lettre diplomatique d’une valeur inestimable que Dessalines a écrit lui même au président Thomas Jefferson en février 1804, pour demander la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti et l’établissement des relations diplomatiques resta sans réponse. Le président Thomas Jefferson n’y a jamais donné suite. Ce manuscrit se trouve sous scellé aux archives de la présidence des États-Unis. Il est classé hors temps. Sous aucun prétexte, personne ne peut le déclassifier.

Pour votre gouverne, il y a 3 types de documents classifiés: Les documents secrets qu’on peut déclassifier après 50 ans. Les documents top secrets, généralement militaires, rarement déclassifiés. Les documents classifiés hors temps, sous scellés, que nul ne peut jamais déclassifier pour raisons d’État.

Jefferson était un anti-haïtien notoire reconnu. Il avait aligné les puissances européennes, dans un effort pour isoler Haïti. Ainsi, son administration a envoyé de l’aide pour les blancs français de St Domingue bien avant de de débattre de l’opportunité de l’embargo des États-Unis sur Haïti. Ce qui fut imposé en 1805. Il a initialement exprimé au chargé d’affaires français Louis A. Pichion, envoyé par Talleyrand pour entreprendre une campagne de désinformation contre Dessalines, à savoir : que les États-Unis étaient opposés a l’indépendance de l’ile sous domination noire. «Je voudrais voir, disait-il, que l’autorité de la France soit rétablie à Saint-Domingue». (REF: Matthewson, Tim (Summer 1982). REF: Auteur Abraham Bishop, Titre “The Rights of Black Men,” and the American Reaction to the Haïtian Revolution. The journal of negro REF: Auteur – Matthewson, Tim, Jefferson et la non reconnaissance d’Haiti Actes de l’américan philosophical society (Mars 1996). Voir: Ma chronique: Où est la malédiction..)

Le livre mentionné ci-haut en Pièces jointes, Titre: Etude et solution nouvelle de la question Haïtienne par Le Pelletier De Saint-Rémy, Auditeur du Conseil d’Etat édité en Deux tomes en 1846 où l’auteur confirme sa correspondance et des lettres écrites des mains de Dessalines lui-même prouve encore une fois que l’empereur n’était pas un sauvage illettré. Mentionnons que Le Pelletier De Saint-Rémy, procureur du roi de France, est resté après l’indépendance et a servi comme avocat des cours impériales de l’ouest et du sud d’Haïti. Encore une preuve qu’il n’avait pas massacré tous les français restés en Haiti. Document numérisé le 1er juin 2007 par L’Université de Havard.

Voici un autre ouvrage extrêmement rare, de plusieurs tomes: Les mémoires de Toussaint Louverture écrit par lui-même. Le général Louverture avait choisi Dessalines comme premier lieutenant et adjoint, disait-il, parce qu’il était le plus apte à transmettre ses ordres par écrit. Toussaint Louverture ne voulait pas l’indépendance d’Haïti. Il voulait l’égalité des droits de tous les citoyens de St Domingue en devenant gouverneur général de l’île et en restant au service de la France. D’ailleurs les accusations portées contre lui, ne font aucunement mention de sécession. Il voulait rétablir l’ordre ancien, c’est à dire le rétablissement de l’esclavage. Lors de son arrivé en France, l’une de ses premières demandes était de rencontrer le général en chef Napoléon Bonaparte, qu’il reconnaissait comme son supérieur Hiérarchique. (REF: Mémoires de Toussaint Louverture écrit par lui-même rapporté par Saint Rémy, avocat des cours impériales de l’ouest et du sud (Pagnerre Librairie Éditeur 18 rue de Seine1835. REF: Mémoire de Napoléon écrite sous sa dictée par un de ses valets de chambre (Paris – Librairie Rue Dauphine, No 30, An-1829.)

Le film Toussaint Louverture est un scandale qu’il faut dénoncer. C’est une intoxication trafiquée de l’histoire pour encore discréditer l’empereur J-J.Dessalines sous les traits de l’assassin de Biassou. Comment des historiens haïtiens ont pu cautionné cette farce?

Dessalines n’a jamais exécuté Biassou et voici les preuves: En 1796 quand Toussaint Louverture a changé de camp en changeant d’allégeance de l’Espagne à la France, certains combattants qui sont restés fidèle à l’Espagne ont été chassé par Louverture, tels que: Biassou, Jean François, Marc saint Dié qui est devenu Marcos Sanchez Diaz le fondateur et gouverneur de la ville de Livingston au Guatémala. (VOIR, ma chronique: Nos frères d’Amérique centrale.)

Les Espagnols décidèrent alors de les utiliser en Amérique centrale, où la présence noire était presque inexistante en comparaison avec les Antilles, pour défendre les côtes du reino de Guatemala contre les incursions anglaises menées depuis le Belize et la Jamaïque. Ces chefs noirs de Saint-Domingue et leurs troupes, appelés negros franceses, incorporés en 1796 à la milice de Trujillo, au Honduras, y furent rejoints par les Caraïbes noirs un an plus tard, en 1797. De telles troupe d’élites noires habituées à la lutte armée contre les puissances coloniales aux Antilles, que ce soit contre les Français (negros franceses sur Saint-Domingue) ou les Anglais (Caraïbes noirs à Saint-Vincent), firent ensuite rapidement leurs preuves au service de l’Espagne en Amérique centrale. (Auteur, Nicolas Rey, Titre: Quand la révolution aux amériques était nègre, Préface- Elikia M’Bokolo.)

Le général George Biassou devenu «Jorge Biassou» est mort en 1801 en Floride qui était à cette époque une colonie espagnole. Il dirigea la milice noire de Floride. Dans le document, «Les mémoires de Toussaint Louverture écrit par lui même», l’auteur affirme clairement avoir fait déporter Biassou et tous les autres généraux restés fidèles à l’Espagne, quand il est retourné dans les girons de la France. En conséquence, Dessalines n’a pas tué Biassou. De nos jours, une rue de la Floride porte le nom du Général Jorge Biassou, en souvenir de la demeure qu’il habitait dans ce quartier. Tous ces documents sur Biassou sont consignés au State University of Nebraska. Ils ont inventé des thèses,des thèses folles pour ne pas dire des foutaises, qu’il faut énergiquement dénoncer (REF: Auteur- Roger Bastide, Titre: Les Amériques noires 3 Mai 2000.)

Cet autre grimoire ancien et très rare de plusieurs tomes confirme que Dessalines était le conseiller principal et stratège de Toussaint. D’ailleurs, il l’avait conseillé de ne pas répondre à l’invitation du général Brunet, dont il était aussi l’invité. Mais Toussaint, imbu de lui même, n’a pas écouté. Il s’est fait arrêter et déporté en France. En apprenant l’arrestation du général Louverture, il prononça cette phrase célèbre que jusqu’ici les événements historiques ont confirmés. (La parole française est toujours sujette à caution, REF: Histoire de Toussaint Louverture chef des insurgés de St Domingue – Chez Pillot frères, librairie le Point-neuf No5 an-1802).

Comment expliquez-vous que nos frères Africains connaissent Toussaint mais pas Dessalines?

Jean-Jacques Dessalines, le vainqueur, quelle place doit-il mériter? Peut être devrions nous réécrire l’histoire pour le placer en contexte. Je viens de bouleverser ce que l’on vous avait appris à l’école: vos croyances et vos repères historiques avec des preuves vérifiables et documents rares et inédits à l’appui.

Nous avons perdu notre dignité. Notre peuple a été dévasté. Le pays est entrain de foutre le camp sous les yeux de ses fils qui s’entre-déchirent. En tant qu’historien et gardien de la mémoire, je me dois de sauver quelque chose au risque de tout perdre. Je retiens mes larmes pour rétablir l’empereur Jean Jacques Dessalines dans ses droits, honneurs et dignité en tant que père de la nation haïtienne et vainqueur des armées de Napoléon. Nous venons de faire tomber le mythe que Dessalines était un barbare et illettré. Depuis quand le gagnant n’était pas le premier? – Jean Jacques Dessalines le premier des noirs et Toussaint Louverture à vous mes frères de lui trouver une place dans le panthéon de nos ancêtres et dans vos cœurs.

Vous pensez en avoir fini avec l’histoire passée, mais le passé et l’histoire n’en n’ont pas encore fini avec vous et je me porte garant de vous révéler des faits historiques cachés et inédits. Amen.

Jacques Casimir

Historien

majac14@hotmail.com