Un haitien dans les camps Nazi

UN HAITIEN DANS LES CAMPS NAZI

Jean Nicolas, mort le 4 septembre 1945

Jean Nicolas, Haïtien, vivant alors en Martinique travaillait à l'hôpital de Fort-de-France. Sous quelques prétextes a été, dans un premier temps, déporté à Buchenwald et en outre à Dora-Mittelbau. Dans ses stratagèmes pour survivre il se fait appeler John Nicols et se fait prendre pour un pilote américain, essayant de s'attirer la commisération de ses ravisseurs SS. Ses dons naturels pour les langues le pousse à apprendre dans cet environnement de captivité : l'allemand, le russe et le polonais. Son apprentissage de diverses langues et son expérience dans le milieu médical ont inspiré l'administration à le placer à l'infirmerie et comme assistant et comme interprète. L'histoire retient ses hautes dispositions à aider les autres et à leur sauver la vie. Mais soupçonneux les Allemands se sont posé des questions sur l'habilité de ce Noir qui s'est dit pilote américain, polyglotte et même médecin. Le grand mot est lancé : n'est-il pas un espion ? Sans toute autre forme de procès, il est condamné à la réclusion comme des milliers d'autres. Il partage leur infâme condition et attrape la tuberculose. Sa vie lui échappait déjà quand il est libéré et conduit à l'hôpital américain de Neuilly en France. Dans la solitude de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, il rend l'âme le 4 septembre 1945.