Bruno Racine : « Un dialogue autour de l'avenir du livre »

Photo: Camus Thibault / Abaca

Cette année, le Sommet international du livre est organisé à Paris, lundi 13 octobre, par la Bibliothèque nationale de France en partenariat avec le Centre national du livre. Au programme : la traduction comme source d’un imaginaire européen et le numérique en tant que nouveau lieu de mémoire. Bruno Racine, directeur de la Bibliothèque nationale de France, nous en parle. 

Quel est l’objectif de ces sommets internationaux du livre ?

L’initiative en revient à la Bibliothèque du Congrès américain qui à l’occasion d’un événement annuel souhaitait faire dialoguer toutes les parties prenantes autour de l’avenir du livre. La première édition a eu lieu à Washington en 2012. Les bibliothèques nationales, ou leur équivalent dans chaque pays, véritables gardiennes de la mémoire présente et future du livre, sont les puissances invitantes.

Comment avez-vous conçu la programmation de cette année ?

Nous avons organisé cette journée autour de deux axes principaux : les métamorphoses du livre à l’ère du numérique, avec notamment le travail réalisé par Europeana, la bibliothèque numérique européenne, à l’occasion de la commémoration de la Première Guerre mondiale, et l’ouverture aux autres cultures à travers le rôle éminent joué depuis toujours par Paris, véritable « capitale internationale ». Le parcours de certains des invités prestigieux que nous accueillerons a d’ailleurs parfois valeur d’illustration, je pense en particulier à Julia Kristeva, née en Bulgarie mais vivant depuis de longues années en France. L’Europe est le trait d’union entre ces deux axes [NDLR : l’édition de cette année est l’étape européenne du sommet du livre après Washington en 2012, Singapour en 2013 et avant Le Cap l’an prochain]. A un moment où l’Europe vacille sur ses bases, il est essentiel de réfléchir à la dimension culturelle du projet européen.

Vous-même participerez à une table ronde sur les programmes de numérisation partagée ?

Nous avons vraiment voulu mettre l’accent sur la numérisation comme outil de partage. Je présenterai certaines de nos réalisations. J’aurai la chance d’être entouré d’éminents spécialistes comme Michael Keller, le directeur de la bibliothèque de l’université de Stanford en Californie, lieu de culture universitaire très rigoureux autant que pépinière des nouvelles technologies et incubateur des entreprises de la Silicon Valley.

Impossible de conclure cette interview sans vous demander quelques mots au sujet du Prix Nobel décerné aujourd’hui à Patrick Modiano...

C’est un immense motif de fierté. Nous sommes d’autant plus heureux qu’en 2011 le prix de la BnF est allé à Patrick Modiano pour l’ensemble de son œuvre, c’est un prix modeste comparé au prestigieux prix Nobel, mais il montre que la Bibliothèque nationale de France est en parfaite consonance avec les thèmes chers à Patrick Modiano.