Haïti : une adresse incontournable pour l’indépendance des peuples de l’Amérique

Miranda s'était  intéressé à la guerre d'Indépendance américaine, en servant comme Capitaine du Régiment d’Aragon et aide de camp du général Juan Manuel de Cajigal y Monserrat. Sous Cajigal, il participa à cette bataille de Pensacola en 1781 qui verra la Floride occidentale britannique passée aux mains des Espagnols. Il sera promu au grade de lieutenant-colonel.

REPERCUSSIONS DE LA CAMPAGNE DE FLORIDE

C’est en faisant ses adieux aux paysages de St-Domingue,  en rade du Cap, que le serment de travailler désormais à la délivrance de la Grande Colombie serait venu à Miranda. Au cours de l'été 1782, nommé Lieutenant-général des armées combinées de France et d'Espagne, le maréchal de Camp Don Bernardo de Calvez s'était transporté dans la ville du Cap  pour  planifier une expédition contre la Jamaïque et les autres possessions anglaises de la mer des Caraïbes. Un article de la Gazette Cap-Français du 24 juillet, relatant la conquête de Nassau et des autres Îles de l’archipel irrita le Maréchal qui soupçonna  Francisco de Miranda. Gálvez était furieux que l’expédition se fût déroulée sans sa permission. Il emprisonna Cajigal et  Miranda fut arrêté. Ces antagonismes rallumèrent la mésintelligence entre les officiers de la Métropole hispanique et ceux nés dans les colonies. Le 8 août, Miranda fut arrêté au Cap, d'ordre de son chef, et conduit à bord d'une frégate espagnole qui fit voile le lendemain pour La Havane où l'officier vénézuélien allait être déféré à une Cour Martiale. Il était accusé  d'avoir livré les plans du Castillo del Principe de la capitale cubaine au général anglais John Campbell, ancien gouverneur de Pensacola.

Après tant d’humiliations, au mépris de tant de loyaux services, il fallait faire la guerre pour fonder la Grande Colombie. Il retourna aux États-Unis en 1783, où il rencontra, entre autres, George Washington, Thomas Paine, Alexander Hamilton, Henry Knox, et Thomas Jefferson. Il n'obtiendra pas les finances escomptées et ne pourra affréter qu'un seul navire, le “Léandre”, pour son entreprise. Cela semble bien peu, mais Miranda a confiance et se dirige vers le sanctuaire des révolutionnaires.

Sur ordre de Jacques 1er, il sera accueilli par le Général Magloire Ambroise  à Jacmel où il arrive en février 1806. Le 12 Mars 1806 est un grand jour: il marque la première date de la grande Colombie, inventée par Miranda, fondée par Bolivar. Le drapeau bleu, jaune et rouge dessiné par Miranda flotte sur le grand mat du navire. Au Venezuela, cette journée est célébrée comme la “dia de la bandera”. Les drapeaux équatorien, vénézuélien et colombien en adoptant le rouge et bleu du bicolore haïtien symbolisent la reconnaissance de ces peuples.

Dans la rade, au bas des parchemins, il signe: "Don Francisco de Miranda, Commandant suprême de l'Armée Colombienne”. Mais à Jacmel, le vaisseau de guerre qu'on lui avait promis n'est pas au rendez-vous. Les renforts des Antilles britanniques ne sont pas non plus au rendez-vous. Mais Miranda est impatient.. Le 27 Mars, il quitte Jacmel à bord du “Léandre” escorté par deux petites goélettes, le “Bacchus ”et “ l’Abeille”, avec des munitions et des hommes en renforts fournis par le Général Magloire Ambroise pour combattre les Espagnols.